Où voir les aurores boréales en Norvège
Toute la moitié nord de la Norvège se trouve sous la zone où les aurores s’allument le plus souvent, mais chaque base vous offre une nuit différente. Ville animée, plateau sec, montagnes plantées dans la mer ou nuit polaire au bout du monde, voici comment choisir la vôtre.
Le nord, et seulement le nord
Les aurores naissent dans un anneau de lumière qui entoure le pôle, l’ovale auroral. Le nord de la Norvège se trouve presque juste dessous, si bien qu’une activité solaire modeste suffit souvent à faire danser le ciel. Là-haut, votre vrai adversaire, c’est la couche de nuages. Un ciel dégagé compte davantage qu’un indice élevé.
Toutes les bases de ce guide, Tromsø, Alta, les Lofoten, Harstad, Narvik et le Svalbard, se situent au-delà du cercle arctique. Plus au sud, à Oslo ou à Bergen, les aurores se montrent rarement, seulement lors des fortes tempêtes solaires. Un week-end dans la capitale ne suffit donc pas. Il faut monter, et choisir où poser ses valises.
Tromsø, la base la plus simple
À quelque 350 km au nord du cercle arctique, Tromsø compte environ 80 000 habitants, des restaurants, des musées, une cathédrale arctique bâtie en 1965 et un observatoire des aurores fondé en 1928. C’est la ville la mieux reliée par avion et celle qui aligne le plus de sorties nocturnes. Surtout, c’est la seule base de Norvège où GetYourGuide propose des guides qui parlent français.
Notre choix y est la chasse en français de Mirko, ~211 €, huit personnes au plus, soupe maison et atelier photo. Pour un budget plus serré, le safari de Northern Lights Safari, ~87 €, propose une option guide francophone à cocher au moment de réserver. Entre les deux, le minibus d’Arctic Glow, ~136 €, tenu par un couple de la région, obtient 4,9/5 sur plus de 550 avis, mais se vit en anglais. Le prix le plus doux reste celui du grand car de Jeshua Tours, dès ~72 €, avec un audioguide en français.
Le revers de la côte, c’est une météo capricieuse. Les guides de Tromsø roulent souvent loin pour trouver une trouée dans les nuages, parfois jusqu’en Finlande. Nous comparons les deux grandes villes du Nord dans Tromsø ou Alta, et la question de la langue dans notre guide des sorties en français.
La seule chasse entièrement en français
Mirko emmène huit personnes au plus, fournit la combinaison thermique et sert une soupe maison autour du feu. Dès ~211 € par personne, annulation gratuite jusqu’à 24 h avant.
Alta, l’intérieur des terres
Alta s’étire au fond de l’Altafjord, dans le Finnmark. La ville est plus petite et plus calme que Tromsø, et ses opérateurs décrivent son climat comme sec et stable, à l’abri des humeurs de la côte. Derrière elle s’ouvre le grand plateau du Finnmark, plus froid, souvent plus sec, avec de vastes horizons dégagés.
C’est aussi une terre d’histoire pour qui s’intéresse aux aurores. En février 1897, le physicien Kristian Birkeland monte jusqu’ici et manque de périr dans une tempête de neige. En 1899, il dispose d’un observatoire sur le mont Haldde, au-dessus de la ville. Proposé plusieurs fois pour le prix Nobel, il ne l’a jamais reçu. La cathédrale des aurores boréales, ouverte en 2013, et les gravures rupestres inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985 complètent les journées.
Pour la nuit, le petit groupe d’Alta, ~222 €, part à treize au plus, avec prise en charge à l’hôtel, combinaisons et bottes prêtées. Le guide parle anglais, norvégien ou espagnol, pas français. Ceux qui aiment le mouvement regarderont aussi la motoneige d’Alta, à condition d’avoir le permis B pour piloter.
Les Lofoten, des montagnes dans la mer
Dans le Nordland, l’archipel des Lofoten aligne des sommets dentelés qui sortent tout droit de l’eau, des plages de sable clair et des cabanes de pêcheurs rouges, les rorbuer. Quand une aurore se reflète dans une baie calme, au pied d’un pic enneigé, les photographes ne cherchent pas plus loin. Svolvær en est la petite capitale, Henningsvær et Reine les villages que l’on reconnaît sur toutes les cartes postales.
Le prix à payer, c’est le ciel. Sur cette côte ouverte, le temps tourne vite, une éclaircie se referme en un rien de temps, et l’inverse arrive aussi. En hiver, les routes peuvent être verglacées et les jours sont courts. Le guide photographe des Lofoten, ~152 €, part de Svolvær à huit au plus, vient vous chercher et prête appareil et trépied. Il parle anglais et polonais. Tout le détail se trouve dans notre guide aurores boréales aux îles Lofoten.
Harstad et Narvik, le choix discret
Harstad se trouve sur Hinnøya, la plus grande île côtière du pays, entre les Lofoten, les Vesterålen et Narvik. Les deux villes partagent l’aéroport de Harstad/Narvik Evenes. Narvik, port libre de glace au bout de la ligne de l’Ofoten ouverte en 1902 pour le minerai de fer suédois, a vu en 1940 des chasseurs alpins et des légionnaires français se battre aux côtés des Norvégiens, des Britanniques et des Polonais.
Ici, moins de foule et une formule rare, le tour privé de Harstad et Narvik, ~240 € par personne. Une voiture électrique, un guide pour vous seuls, et une deuxième tentative offerte le lendemain si le ciel reste vide, ce second soir pouvant être partagé. Prenez un passeport valide, la route passe parfois en Suède. Pour une soirée différente, le train arctique de Narvik grimpe de nuit vers une gare de montagne sans accès routier.
Le Svalbard, la nuit polaire au bout du monde
Vers 78° nord, Longyearbyen vit sans soleil d’environ fin octobre à la mi-février. Pendant les semaines les plus sombres, l’aurore peut apparaître à n’importe quelle heure, y compris en plein « jour ». On y arrive en avion depuis Oslo ou Tromsø, et tout y coûte plus cher, du lit au repas.
La sortie photo de Svalbard, ~180 €, menée en anglais à huit au plus, vous aide à régler votre appareil. Elle ne rembourse rien si l’aurore manque à l’appel, ni en cas de nuages ou de neige. C’est un voyage à part entière plutôt qu’une simple étape, nous le détaillons dans aurores boréales au Svalbard.
Les cinq bases en un coup d’œil
| Base | Ambiance | En français | Notre sortie | Prix dès |
|---|---|---|---|---|
| Tromsø | ville vivante, le plus de vols et de sorties, météo côtière changeante | oui, Mirko ou l’option francophone du safari | chasse de Mirko, safari, minibus familial | ~87 € |
| Alta | petite ville du Finnmark, climat sec et stable selon ses opérateurs, histoire de Birkeland | non | petit groupe de treize au plus | ~222 € |
| Lofoten | sommets, plages, reflets dans l’eau, temps qui tourne vite | non | guide photographe, huit au plus | ~152 € |
| Harstad et Narvik | calme, fjords, histoire de 1940, passage possible en Suède | non | tour privé, prix par personne | ~240 € |
| Svalbard | nuit polaire, aurore à toute heure, isolé et cher | non | sortie photo, huit au plus | ~180 € |
Hors de Tromsø, aucune sortie aux aurores avec guide francophone n’existe aujourd’hui sur GetYourGuide en Norvège. Si la langue compte beaucoup pour vous, la question est vite tranchée. Si vous êtes à l’aise en anglais, laissez parler vos envies de paysages.
Combiner deux bases
Rien ne vous oblige à choisir une seule base. Les navires de l’Hurtigruten longent la côte entre Bergen et Kirkenes et font escale à Svolvær, Harstad, Tromsø ou Hammerfest, une façon lente et belle de relier les Lofoten à Tromsø. Deux bases, c’est aussi deux météos, donc davantage de chances de tomber sur un ciel clair, par exemple la côte puis l’intérieur des terres.
Pour un premier voyage, Tromsø reste le pari le plus sûr, avec ses vols et sa large offre. Pour un deuxième, Alta, les Lofoten ou Harstad apportent un autre décor et moins de monde. Nos idées de parcours se trouvent dans notre itinéraire de 5 à 10 jours, le choix des mois dans quand partir, et toutes les fiches côte à côte dans notre comparatif.